« J’ai un cafard dans la cuisine » ou « j’ai une blatte dans la cuisine » : les deux phrases décrivent-elles le même insecte ? Oui, absolument. Les mots « cafard » et « blatte » désignent exactement la même famille d’insectes. Mais derrière cette équivalence se cachent des nuances de vocabulaire, de région et d’espèces qu’il est utile de connaître.
Cafard ou blatte : la réponse en une phrase
« Cafard » et « blatte » sont deux noms pour le même insecte. Les deux termes désignent les insectes de l’ordre des Blattodea. Il n’existe aucune différence biologique, aucune différence d’espèce, aucune différence de comportement entre un « cafard » et une « blatte ».
Alors pourquoi deux mots différents ?
Une différence d’usage et de registre
- « Blatte » est le terme scientifique et officiel. Il est employé par les entomologistes, les professionnels de la désinsectisation, les textes réglementaires et la littérature spécialisée.
- « Cafard » est le terme populaire et courant. C’est celui utilisé dans le langage quotidien, dans la presse grand public et par la majorité des Français.
L’origine des deux mots
« Blatte » vient du latin blatta, qui désignait déjà ces insectes dans l’Antiquité romaine. Le mot est entré dans la langue française au XVIᵉ siècle par voie savante.
« Cafard », quant à lui, vient de l’arabe kāfir (« mécréant »). Le mot a d’abord désigné au XVIᵉ siècle une personne hypocrite ou malhonnête, avant d’être appliqué à l’insecte au XIXᵉ siècle, probablement en raison de son comportement furtif et nocturne. C’est aussi ce qui a donné l’expression « avoir le cafard » (déprimer), apparue chez Baudelaire.
Les autres noms donnés au cafard
Selon les régions et les usages, on entend aussi :
- « cancrelat » : synonyme plus rare, d’origine néerlandaise (kakkerlak), lui-même emprunté par l’anglais (cockroach) ;
- « ravet » : employé aux Antilles françaises, à la Réunion et en Afrique francophone ;
- « bestiole de nuit » ou « bête noire » : expressions familières locales ;
- « cockroach » : nom anglais, parfois utilisé par anglicisme.
Les vraies différences à connaître : les espèces de blattes
Si « cafard » et « blatte » désignent le même insecte, il existe en revanche de vraies différences entre les espèces. En France, quatre espèces concentrent la quasi-totalité des infestations :
La blatte germanique (Blattella germanica)
- taille : 1,1 à 1,6 cm ;
- couleur : beige à brun clair, avec deux bandes foncées sur le thorax ;
- habitat : appartements, cuisines, restaurants ;
- c’est l’espèce la plus répandue et la plus nuisible en logement.
La blatte orientale (Blatta orientalis)
- taille : 2 à 2,7 cm ;
- couleur : brun très foncé à noir ;
- habitat : caves, sous-sols, vide-sanitaires, parties communes humides ;
- plus lente, préfère les lieux frais et humides.
La blatte américaine (Periplaneta americana)
- taille : 3 à 4 cm, la plus grande des espèces domestiques ;
- couleur : brun-rouge avec une marque jaunâtre sur le thorax ;
- habitat : cuisines professionnelles, égouts, chaufferies ;
- capable de voler sur de courtes distances.
La blatte rayée (Supella longipalpa)
- taille : 1 à 1,5 cm ;
- couleur : brun clair avec deux bandes transversales claires ;
- habitat : pièces chaudes et sèches (chambres, salons), souvent en hauteur.
Différences régionales d’usage
- En France métropolitaine : « cafard » domine dans le langage courant, « blatte » dans les contextes professionnels.
- En Belgique et en Suisse romande : « cafard » et « blatte » s’emploient à égalité.
- Au Québec : on parle plutôt de « coquerelle », forme populaire dérivée du français ancien.
- Aux Antilles, à la Réunion et en Afrique francophone : « ravet » est très largement majoritaire.
Pourquoi cette confusion entretient-elle des mythes ?
Beaucoup pensent qu’un « cafard » est plus petit et un « blatte » plus grosse, ou l’inverse. C’est faux. La taille dépend de l’espèce, pas du mot employé. De même, certains pensent que les blattes piquent et pas les cafards (ou l’inverse) : les deux mots désignent les mêmes insectes, avec les mêmes caractéristiques biologiques.
Comment identifier avec certitude l’espèce chez vous ?
L’espèce détermine le traitement à appliquer. Blatte germanique et orientale n’occupent pas les mêmes zones et ne réagissent pas aux mêmes appâts. Pour lever le doute, observez :
- la taille et la couleur des individus adultes ;
- les endroits où ils circulent (cuisine chauffée = germanique, cave humide = orientale) ;
- les traces laissées : les excréments de cafards et les oothèques varient selon l’espèce.
Traiter une infestation : peu importe le nom, la méthode compte
Que vous parliez de « cafards » ou de « blattes », la stratégie de traitement dépend de l’espèce identifiée et du niveau d’infestation. Pour une infestation débutante, des solutions grand public peuvent suffire — découvrez par exemple notre comparatif des traitements anti-cafards les plus efficaces ou la terre de diatomée.
En revanche, face à une infestation installée (plusieurs espèces, présence en journée, plusieurs pièces touchées), seule une entreprise de désinsectisation spécialisée peut identifier précisément l’espèce, localiser les foyers et appliquer le traitement adapté.
FAQ : cafard vs blatte
« Cafard » est-il un mot vulgaire ?
Non, c’est simplement un terme courant. Il n’est ni péjoratif ni familier dans un registre problématique. Dictionnaires et médias l’utilisent sans réserve.
Les professionnels disent-ils « cafard » ou « blatte » ?
Les deux. Les professionnels de la désinsectisation utilisent « blatte » dans leurs rapports techniques et « cafard » dans leurs échanges avec les clients.
Un cancrelat, c’est encore la même chose ?
Oui. « Cancrelat » est un troisième synonyme, plus littéraire et moins utilisé aujourd’hui.